C’est encore avant la Seconde guerre mondiale que naquit l’idée de créer a Varsovie le musée de Marie Skłodowska-Curie, double prix Nobel, chercheuse française et polonaise. Dans les années trente les sours de la chercheuse, Helena Szalay et Bronisława Dłuska commencerent a rassembler des souvenirs concernant aussi bien Marie que toute la famille. C’était, entre autres, lettres, documents, effets personnels, photos. On avait l’intention de créer le musée a l’Institut de radium rue Wawelska 15 a Varsovie. Si l’on prend en considération le désir de Marie de construire dans sa ville natale une institution pareille a celle ou elle travaillait, cet endroit était idéal. Ses paroles : « Mon désir le plus ardent est qu’il soit créé a Varsovie un institut de radium » en sont une preuve tangible. L’initiative de rassembler et de préparer les souvenirs de Marie Skłodowska-Curie était activement soutenue par le professeur Stanisław Lorentz, directeur du Musée national ; malheureusement, tous ces objets de valeur devaient etre détruits des suites de l’insurrection de Varsovie.

En 1938 parut la premiere édition polonaise du livre d’Eve Curie intitulé Marie Curie, biographie ou plutôt hagiographie, de sa mere. Elle constitue aujourd’hui un recueil de lettres, poemes, informations de valeur inestimable car la majorité des lettres publiées avaient brulé. Les « affinités » entre la rue Freta et la famille Skłodowski datent de 1860 quand la femme de Władysław Skłodowski, Bronisława née Boguska devient directrice de la pension pour jeunes filles domiciliée a cette adresse. Auparavant elle était elle-meme éleve de cette pension dirigée alors par sa propriétaire Eleonora Kurhanowicz.

C’est l’architecte Szymon Bogumił Zug qui avait conçu ce bâtiment construit dans les années 1782-1787 pour un des banquiers de Varsovie, Maciej Łyszkiewicz. Dans les années trente le troisieme étage avait été rajouté ; comme il s’était effondré par la suite, une autre transformation s’avéra nécessaire. Sur les photographies de la fin du XIXe siecle, des années trente du XXe siecle et aussi de la période d’apres l’insurrection de Varsovie, on voit bien le portail qui menait au fond du bâtiment puis a l’étage vers la pension, ou vers la cour ou se trouvait le pavillon ou, un temps,  habitaient probablement les Skłodowski et ou naquit Marie.

Un an apres sa naissance la famille déménagea rue Nowolipki. Bronisława renonça alors a diriger la pension et Władysław fut nommé sous-inspecteur au College gouvernemental pour garçons. Malgré le fait que la petite Marie n’habitait rue Freta qu’un an, dans les années trente on y installa une plaque commémorative avec son lieu de naissance et ses mérites.

Apres la fin de la guerre, dans les années cinquante  le bâtiment fut reconstruit. Il devint le siege de l’Union des instituteurs polonais puis de l’Institut du marksisme et du léninisme. En 1954 pendant une séance organisée a l’occasion du vingtieme anniversaire de la mort de Marie Skłodowska-Curie, on y inaugura la Maison du chercheur ; une exposition consacrée a la chercheuse accompagnait l’événement que la fille de Marie Irene Joliot-Curie et son mari Frédéric, ont honoré de leur présence. Les souvenirs et objets d’exposition furent ensuite tranférés au Musée de la technique.

Bien que la presse, par exemple le périodique Nauka Polska (La Science polonaise) de 1954, ait publié la photo du bâtiment  avec la légende « Musée de Marie Skłodowska-Curie », le fait que ce musée existait déja a cette époque n’est pas officiellement reconnu. On s’accorde a dire que le musée ne fut créé qu’en 1967, date du centenaire de la naissance de la chercheuse ; c’est alors que le bâtiment rue Freta 16 fut cédé dans le but d’y installer son musée. Selon les dires du professeur Józef Hurwic, président de la Société polonaise de chimie qui ouvrait en France pour la remise du bâtiment, on avait a l’époque coutume de transmettre toutes les décisions par téléphone, sans les documents qui feraient foi. C’est la fille cadette de Marie, Eve, et son mari qui étaient présents a la cérémonie de l’inauguration du musée en 1967 ; sa fille aînée Irene n’était plus en vie. Dans le meme bâtiment, depuis la meme date siege aussi la Société polonaise de chimie dont Marie Skłodowska-Curie était membre honoraire.